Faune et de la flore d'un mas en Cévennes

Le rucher en Cévennes

Chaque mas des Cévennes possédait son rucher, sur de petites terrasses bien exposées.
Pendant longtemps le miel est resté la seule source de sucre et donc de gourmandise !

 

Les ruches-troncs appelées «bourgnous ou bruscs», comme on dit dans les Cévennes, se sont développées dans l’aire de végétation du châtaignier ou à proximité, dans les montagnes cévenoles depuis fort longtemps.

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La raison est simple :c’est cet arbre qu’on utilisait pour la fabrication des « bruscs », parce qu’il a la particularité de posséder des substances qui repoussent les parasites, même une fois mort et longtemps après. Ainsi, un tronc de châtaignier est quasi imputrescible, sauf en son cœur. Une aubaine pour l’apiculteur ! L’intérieur, ramolli, se laisse alors évider relativement facilement, même avec des instruments anciens, sans même une propulsion mécanique.

 

 

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Ces ruches-troncs installées à demeure étaient le plus souvent un complément de revenu familial. Quelques rares paysans possédaient plus d'une centaine de troncs permettant de faire commerce, ou du troc. Et l’on trouve aujourd’hui, çà et là, des apiers ou ruchers anciens installés sous des falaises, qui sont de véritables curiosités d’architecture paysanne des Cévennes.

 

Le rucher n’empiétait pas sur des surfaces cultivables si précieuses en Cévennes. Bâties avec des matériaux puisés dans le paysage environnant, et travaillées par le temps, ces ruches possèdent une esthétique remarquable, véritables sculptures habitées par les abeilles.

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Certaines ruches-troncs sont devenues objets d’antiquité décoratifs. Quelques trop rares apiculteurs les exploitent encore aujourd’hui, mais elles produisent quatre fois moins de miel qu’une ruche moderne dans laquelle les alvéoles sont déjà faites, ce qui diminuent le travail des abeilles.
Le châtaignier, roi dans les vallées cévenoles, offre un miel foncé à l’arôme puissant prisé des amateurs. Mêlé parfois à l’épilobe, le serpolet, la marjolaine, la ronce ou le millepertuis, le miel multi-fleurs des Cévennes offre un bouquet plutôt léger d’arômes délicats.

L’automne aussi est généreux, où l’on récolte encore le miel de bruyère callune, Le combat des apiculteurs français contre certains produits phytosanitaires a retenti dans toute l’Europe, et renforce encore l’image positive de l’abeille en tant que baromètre de la santé de l’environnement et de l’alimentation humaine. Ces vieux troncs peuplés d’abeilles ont eux aussi leur place dans un vaste mouvement de prise de conscience citoyenne des relations que l’homme a toujours entretenues avec l’abeille.


Le couvercle était fourni par une « lauze », dalle de schiste, trouvée alentour. Ce type de ruche restait stable des siècles durant, sans aucun entretien particulier du bois. Les bruscs se sont ainsi transmis de génération en génération d’apiculteurs. Ils étaient particulièrement bien adaptés également au climat cévenol. La paroi du tronc évidé, épaisse de 15 centimètres environ, protégeait les abeilles du soleil brûlant de l’été comme du froid vif de l’hiver, notamment dans les hautes vallées (où les actuelles ruches à cadres n’offrent pas toujours un isolement suffisant).


Les archives font mention des bruscs dans le registre des biens. Il existe aussi des récits des guerres de Religion, évoquant – ce n’est pas original – ces ruches-troncs utilisées comme armes par les populations des Cévennes contre les dragons du roi chargés de les exterminer.
Les ruches typiques en châtaigniers, creusés à la gouge et couvert d’une lauze ronde pouvait être très nombreuses. Dans notre rucher, on peur remarquer une vielle ruche, mais aussi d’autres plus récentes. Les murs ou faïsses vont jusqu ‘à la falaise : aucune place n’est perdue dans cet univers de petits espaces ! Entre chaque étage le rocher ou un escalier permettent de circuler aisément. Le miel de châtaignier est très goûteux et parfumé.


On peut également noter la présence coutumière du buis près du rucher non pour des raisons esthétiques mais parce que le buis fleuri tôt et donne de la nourriture aux abeilles notamment si elles sont sorties trop tôt et sont mises en difficulté par un retour du froid.
Il faut souligner l’importance du rucher, symbole de la prospérité du mas. En cas de décès du propriétaire, en général c’est lui qui s’occupait de cet élément précieux, on venait annoncer aux essaims la disparition de celui-ci et son successeur se présentait à eux.


La treille en Cévennes

Cette forme de vigne est courante en Cévennes : elle permet d’échapper aux prédateurs surtout les sangliers nombreux  dans nos vallées. Elle est un vestige de l’ancien vignoble cévenol. Elle est composée de vigne type jacquet, c’est un vignoble hybride des variétés européenne et américaine, issu des efforts pour renouveler les vignes après le phylloxéra. En effet les vignes américaines n’étaient pas malades. Parmi ces variétés interdites en 1930 (pour des raisons médicales contestées aujourd’hui) citons le Clinton et l’Isabelle.

Une polémique sur la véritable cause de cette interdiction qui serait en réalité la surproduction des années vingt et la protection des vignobles d’Afrique du Nord, conduit certaines associations à demander la révision de ce texte de loi. En particulier le Clinton donne un vin aussi réputé qu’il est interdit. Ces variétés hybrides peu sensibles aux maladies nous permettent de confectionner un délicieux jus de raisin noir, entièrement bio, que nous servons à nos hôtes à l’automne.

Arbousiers

 

L'arbouse servait  en Cévennes à la confection d'eau de vie, d'alcool , apport d’argent au XIX au XIX conflit entre communes à Navacelles
Usages : haies, miel : AOC  en corse, confiture, boissons, liqueurs
Possible toxicité cru en grandes quantités mais il est peu consommé cru.

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.Parmi plus de 25 espèces: l'espèce locale, arbutus unedo arbousier commun ou arbre aux fraises
Arbutus veut dire  petit arbre en latin un peu comme l’arbuste par excellenceou origine celtique : arbous  voudraut dire fruit raboteux.
Unedo déjà chez Pline  "on su ose un : un seul edo manger ": il suffit d’en manger un seul pour ne pas avoir envie d’en manger un autre...
l'arbousier est un des éléments caractéristiques des sous-bois méditerranéen.
Il a une très bonne résistance au feu et une grande longévité : 300 ans et jusqu’à 6m de haut.

Les fleurs apparaissent en même temps que fruits mûrissent( grelots blanc-rosé)
Les fruits globuleux ressemblent aux fruits du platane, ils mettent un an à mûrir, verts en été, puis les arbouses deviennent rouges, orangés ou écarlates.  L'arbousier préfère les sols siliceux, légèrement acide, la mi-ombre ou soleil et craignent les gels prolongés.

 

Les vignes "interdites" des Cévennes

Ces cépages hybrides américains non greffés ont été interdits en 1934 pour lutter contre la surproduction sans oser toucher aux vrais problèmes : plantation massives notamment en Afrique du nord et mauvaise qualité des vins : Noah, Othello, Isabelle, Jacquez, Clinton, Herbemont...

Le jacquez importé après 1873  à cause du phylloxéra  présente aussi  une bonne résistance aux maladies (oïdium, pourriture grise et dans une moindre mesure au mildiou et à l’anthracnose).

 

C'est un hybride producteur directeur franco-américain issu de vitius vinifera et de deux cépages américains.
Cet hybride naturel se développe de façon spontané en Amérique.

Notre treille de Jacquez en Cévennes

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 Description

Feuilles ressemblent à celle du figuier bien découpées

Fruits en grandes grappes compactes tronconiques, petits grains, sphériques, noirs, serres et juteuses à jus très colorés

Vigne assez vigoureuse

Hybride avec Vinis Aestivalis : vigne de l’été demande beaucoup de soleil.

Rameaux glabre vert, carminé, anguleux

Origine Madère introduit par un certain espagnol prénommé Jacques


 

 

La production  de ce cépage est de 50hl à 100 hl à l’hectare suivant la richesse de la terre. Son vin très riche en alcool, haut en couleur et bien parfumé.

Il pousse bien sur les terrains de côteaux secs et peu profonds et fournit un bon vin de coupage et de coloration ou pour donner du corps à des vins un peu trop minces.
Ce vin de résistance  a longtemps été un des  composants du Madère de cuisine exporté en grande quantité vers l’Europe du Nord.


Au milieu XIX des parasites et des maladies détruisent le vignoble français. On trouve deux issues à ces fléaux:
    1-Greffage de variétés françaises sur des porte-greffes
    2- Mais aussi possibilité de la création de nouvelles variétés plus résistantes issues de la génétique. Ce sont ce qu'on appelle les "hybrides producteurs directs" qui donnent du bon raisin sans traitement chimique sur la partie aérienne. On peut remarquer que se sont des vignes à intérêt écologique avant l’heure.

Mais, souvent, à cause des interactions entre les gênes, la résistance aux maladies entraîne une qualité médiocre des vins résultants. Les adeptes de ces vins étaient les agriculteurs en polyculture qui privilégiaient la facilité d’entretien sur la qualité des vins. Au début, ces vins  serviront à la consommation familiale et et à la vente locale puis, il y aura une augmentation des volumes et ces vins seront souvent coupés avec les vins d’Algérie aux qualités complémentaires et au prix très bas.
Les premier plants  d'Isabelle et  et de Concord arrivent au début XIXmais également cela correspond avec l'arrivée de l’oïdium (1847).
L'attaque de l’oîdium en Cévennes se produit dans les années 1850 d’où l'importation de plants semi-sauvages américains producteurs directs Isabelle est très résistant par exemple.
Puis après la crise du Phylloxéra : introduction de nouvelles variétés :Noah, Clinton, Othello, Jacquez, Herbemont, Cunningham…
L'apparition du mildiou en 1878 donnera un motif supplémentaire à ce développement:

  1. 1900 moins de 3% d’hybrides à la  fin de la crise phylloxéra
  2. Jusqu’en 1920 on constate l'extension des hybrides avec des grandes années de mildiou,
  3. Même extension avec la première guerre mondiale et le manque de main d’œuvre, cet essor est encouragé par les fonctionnaires locaux et des pépiniéristes.
  4. 1929 : 14,5% du vignoble français


En Cévennes et sud Ardêche, le vin de table est presque exclusivement issu d’hybrides.

 

 

 

Il existe actuellement  une autorisation pour la production familiale et associative mais pas pour la vente ce qui explique l’abandon progressif de ces vignobles.

150hl de vin jacquez par l’association Mémoires de la vigne en Cévennes Ardèchoises.
Un étude est en cours pour vérifier le bien-fondé des accusations portèes en 1935

Notre production de "cépages interdits" en Cévennes

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Inventaire de la flore présente à Bayssac

Il a été fait avec un botaniste du Parc National des Cévennes.

La source au début du sentier d'interprétation en présente un véritable intérêt botanique, le plus grand étant celui d'abriter le triton palmé, espèce d'amphibien rare à l'échelle du Parc des Cévennes et même des Cévennes siliceuses. Il accueille d'autres habitants l'été:Rainette méridionale, Grenouille rieuse, Crapaud accoucheur.

 

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En contrebas dans les parties du chemin ou se mêlent suintement, pelouses rocailleuses et rochers, il y a 2 espèces protégées très très discrètes : l'Isoetes de Durieu, et l'Ophioglosse des Açores, ce sont également deux espèces de Fougères, on trouve aussi un Carex, une espèce proche des graminées peu courante en France sauf dans le Galeizon (!). A priori, toutes supporteront un pâturage extensif et une fauche annuelle de la végétation.


Pour couronner cette zone humide on y trouve 3 espèces de fougères intéressantes : le Blechnum en épi, l'Osmonde royale et l'Ophioglosse vulgaire. Je suppose que leur esthétique de vous a pas échappé, elles supportent facilement un fauchage par an, mais si possible automnale, sinon elles auront tôt fait de disparaître pour laisser place à des espèces plus banales : orties, oseilles, renoncules et autres graminées.

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Enfin dans les parties rocheuses très spectaculaires, il y a encore une fougère : un Cheilanthes de Tinao... pas très commun en Cévennes, il y a aussi une espèce endémique des Cévennes, le saxifrage de l'Ecluse (qui doit fleurir en ce moment, fleur blanche en étoile irrégulière à même les surplombs un peu frais).

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