Patrimoine vernaculaire  en pierres sèches dans les Cévennes

Préambule à une promenade à Bayssac en Cévennes


Apprendre à voir,  prendre le temps de regarder,  c'est ce que nous essayons de faire en vivant ici...

roubine murs Cévennes

Nous  avons constaté combien nous ne prenons plus le temps d'être simplement disponibles pour  ce qui est présent, nous préférons souvent la représentation, la photo, le virtuel, autant d’éléments qui fournissent un accès rapide, lisse, à des éléments identifiés comme « intéressants ». 

Tout au contraire, être dans les Cévennes, marcher dans ce que nous pourrons trouver comme traces des anciens cévenols, c’est redonner leur poids à la matière, au temps, aux matériaux, aux sensations.

 

 

Un mode de vie quasi autarcique, tel celui qui régnait jusqu’au début du XXème dans les vallées cévenoles ne peut se borner à une simple utilisation de la nature ; pour permettre la survie de la population, il doit être riche en observation, en connaissance au sens étymologique : naître avec, connaissance intime à la fois du terrain et de ses contraintes, de ses potentialités, des matériaux , des conditions optimales de leur utilisation, de la flore et de la faune des Cévennes. 

 

  

Cette connaissance qu'avaient les habitants des Cévennes étaint bien sûr utilitaire mais  aussi créative et réfléchie. Elle partait d’une observation longue et patiente et détermine des choix en fonction de critère eux aussi mûrement réfléchis. Un bon exemple est le travail qui a été nécessaire pour la sélection parmi l’infinité des châtaigniers sauvages des Cévennes, d’une variété de châtaignes remarquées et choisies en fonction de leur diverses qualités plus ou moins évidentes : les qualités ne se superposent pas tel arbre est bon pour son fruit, tel autre pour son bois, ou pour sa bonne adaptation à une certaine aire géographique, tel fruit est greffé pour son goût, sa facilité d’épluchage ou pour sa bonne résistance au vers ou  pour sa précocité…).

Ce  rapport profond à la nature des anciens habitants des Cévennes, dans lequel se mêle, dépendance,  maîtrise, adaptation et transformation, harmonie mais aussi  crainte est d’une grande complexité. Il englobe un lien essentiel, charnel, de chaque instant. Ce lien est à la fois individuel et  collectif, matériel et global.


murs pierres Cévennes

  La découverte de l'architecture de pierres sèches des Cévennes demande un effort, pour se livrer au regard, elle se fait au détour des promenades à travers ses larges espaces. A première vue, on pourrait croire que ces terres ne sont qu'une étendue de nature sauvage, mais, partout reste le témoignage du travail de l'homme, travail acharné, minutieux, soucieux de longévité et de beauté.

Pas une pente sans un de ces magnifiques murs nommés ici les « faïsses », la régularité de certains de ces murs des Cévennes force l'admiration.

 Notre projet d'aménagement du mas et de ses terrasses

 

Prendre le temps d’observer les éléments qui nous restent de cette organisation de l’espace, les terrasses, les aménagements hydrauliques, les divers bâtis, les différentes châtaigneraies et plantations, est une invitation à comprendre un rapport à la nature qui a disparu mais pour mieux nous interroger sur les impasses de notre propre gestion de l’espace et des ressources naturelles.

sube pierres sèches cévennes  

Dans la beauté, la justesse et l’intelligence concrète qui se dégage de ces lieux, il nous paraît possible de trouver des éléments de réponse à nos interrogations les plus brûlantes sur un rapport durable à notre environnement …

Se promener à Bayssac,  ce petit cone des Cévennes c’est donc un peu comme partir à la découverte d’un monde, d’un mode de vie disparu. Il nous a fallu plusieurs années et c’est loin d’être terminé, pour faire jaillir des ronces et des buissons  tous ces témoignages du travail acharné des hommes.

Bien sûr certains murs et constructions sont spectaculaires mais il est tout aussi émouvant de s’attarder sur un muret qui protège les racines d’un seul châtaignier ou sur un petit élément de toute cette organisation de l’espace qui permettait la mise en culture ou la circulation de l’eau.

 

murs schiste pierre Cévennes

Ce texte met à votre disposition des éléments de la culture cévenole qui permettent de mieux déchiffrer ce patrimoine riche mais discret.  Cependant beaucoup de ces éléments restent inexpliqués ou avec des explications parcellaires, témoignages dont le sens s’est perdu dans l’enchaînement de toutes ces générations qui n’ont rien écrit si ce n’est en lettres de pierres accrochées au flanc de cette petite vallée cévenole.

 


Nous vous proposons de prendre le temps de l’observation et de la rêverie pour mieux entrer dans cette ambiance si particulière crée par l’alliance d’une nature mouvementée et de la ténacité d’hommes décidés à y vivre. Prendre le temps d’admirer l’arrondi d’un mur en pierre sèche mais aussi l’infinité des couleurs et des formes des rochers dans les falaises ou encore la richesse de la faune, si différente selon les orientations et les étages, pénétrer ainsi dans un écosystème au sein duquel l’homme avait une place essentielle sans être un prédateur. Il savait s’approprier, transformer la nature en l’observant. Il savait utiliser toutes ses ressources en tout en restant respectueux de ses équilibres.

Notre projet est la création d'un sentier d'interprétation pour partager et faire connaître ce travail de générations de cévenols.  "Lou Bayssac" comme disent les gens d'ici nois apparaît comme un lieu idéal pour imaginer le passé et mieux comprendre la vie d’hier et d'aujourd'hui en Cévennes.


Décrypter  la fascination que l’on peut éprouver pour ces terrasses cévenoles

Le matériau brut mais savamment agencé est un fort marqueur des paysages de terrasses à pierre sèche. Il met en valeur la complexité de l’architecture du terroircévenol  et l’ingéniosité des bâtisseurs.

La technique de la pierre sèche est perçue comme « ancestrale » : elle renvoie à une époque indéterminée mais que l’on imagine au moins pluriséculaire. L’architecture en pierres sèches  renvoie également à l’idée d’un rapport harmonieux entre l’agriculteur et son environnement.

Ce qui nous conduit dès lors à valoriser le savoir-faire de l’homme capable de domestiquer, aménager et profondément modifier un environnement naturel a priori hostile à toute forme durable d’agriculture (fortes pentes et vive érosion du sol). 

 
oliviers  terrasses schiste Cévennes 

 

Ainsi, à l’idée d’authenticité s’ajoute celle d’un réel savoir-faire à la fois cultural et environnementall. Ce  type de paysage éveille d’emblée un rapport affectif. Les versants sculptés en gradins comme des escaliers de géants évoquent un travail colossal. Ils témoignent aussi de l’ingéniosité des bâtisseurs de terrasses pour parvenir à cultiver la pente, ce qui correspond  à offrir une parade à l’érosion des sols et à construire littéralement des terres cultivables.

Terrasses murs pierres sèches Cévennes chambres d'hôtes


La charge de travail que révèle le paysage exprime la rudesse à la tâche des hommes qui l’ont bâti et l’entretiennent. On imagine les murs à remonter, les longs trajets à pied sur des chemins difficiles avec, à la main, les outils, et, sur le dos ou sur la tête, les paniers portant les récoltes.Ainsi, à l’idée d’authenticité s’ajoute celle d’un réel savoir-faire à la fois cultural et environnementall. Ce  type de paysage éveille d’emblée un rapport affectif. Les versants sculptés en gradins comme des escaliers de géants évoquent un travail colossal. Ils témoignent aussi de l’ingéniosité des bâtisseurs de terrasses pour parvenir à cultiver la pente, ce qui correspond  à offrir une parade à l’érosion des sols et à construire littéralement des terres cultivables.


La charge de travail que révèle le paysage exprime la rudesse à la tâche des hommes qui l’ont bâti et l’entretiennent. On imagine les murs à remonter, les longs trajets à pied sur des chemins difficiles avec, à la main, les outils, et, sur le dos ou sur la tête, les paniers portant les récoltes.


Ce qu’on donne donc à voir par le biais de ce paysage, c’est la qualité totale : celle du pays et du terroir, de ses hommes et de ses produits. Un beau paysage ne peut refléter qu’un bon terroir dont on ne peut obtenir que de bons produits. La puissance évocatrice des paysages de terrasses « traditionnels » (à pierre sèche) joue donc sur plusieurs registres : le registre temporel, qui peut se confondre avec la légende, le registre du « vrai » (authenticité) que l’on peut opposer au standardisé, à l’insipide, voire au frelaté, le registre affectif (admiration devant l’ingéniosité des agriculteurs, respect face à la difficulté du travail) et bien sûr le registre esthétique, à partir de la représentation du paysage.

 

 

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 A suivre:  Histoire des terrasses en Cévennes

 

D'autres sites pour se documenter sur le patrimoine et l'architecture des Cévennes 

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